[Concours] Les Herbes Folles

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[Critique] Le Ruban blanc

30 octobre 2009 par  
Catégorie : Critique

RUBAN

Des parents nouent dans les cheveux de leur progéniture un ruban blanc, le symbole à leurs yeux de la pureté et de l’innocence. Le blanc est  la couleur presque envahissante d’un film paradoxalement extrêmement noir. Mais dès lors qu’il s’agit de Michael Haneke derrière la caméra, on se doute bien que le manichéisme ne sera pas de mise.

Un petit village de l’Allemagne en 1913. Une série d’évènements étranges se succèdent sans qu’on en connaisse les raisons ni le ou les auteurs : une grange qui brûle, un mystérieux accident de cheval, des enfants torturés… les racines du mal chères au cinéaste protestant sont bien là.

Pourtant, Haneke, l’homme de la « glaciation émotionnelle » (terme un peu théorique il est vrai) n’utilise plus tout à fait la même méthode. Dès les premières minutes, on est surpris par l’emploi d’une voix off, en l’occurrence celle du narrateur qui est le professeur du village. Jamais jusqu’à présent le cinéaste n’avait employé ce procédé, préférant faire parler l’image, sans autre forme de discours. Mais progressivement, cette voix off va s’effacer et se distancier elle-aussi peu à peu des évènements montrés.

La puissance du cinéma d’Haneke réside dans sa volonté constante de porter un regard sans complaisance ni concession sur la violence en obligeant le spectateur à faire lui-même son propre travail de décryptage. Il déteste toute forme de manipulation, d’où son désir de choisir des plans fixes qu’il dilate au maximum même s’il le reconnaît lui-même « le cinéma est l’art de la manipulation. Il ne faut jamais l’oublier quand on réalise des films ou quand on les regarde. Mais j’ai toujours voulu que les miens suggèrent un doute sur la réalité qu’ils montrent et que le spectateur s’infiltre dans ce doute ».

Le doute s’insinue bien, avec à la clef cette question : qui sont les coupables ? Dans le dernier plan de Caché (un de ses meilleurs films), le réalisateur nous donnait un élément de réponse sans que le spectateur n’ai aucune certitude. Cette fois encore, le doute se poursuivra après la projection mais la réponse importe peu car nous connaissons les coupables. Haneke dénonce le rigorisme poussé dans ses pires travers et le terrorisme religieux qui engendrent frustration et rancœur. Les parents, bourreaux dans l’humiliation assumée et banalisée (un enfant qui a les mains liées durant son sommeil pour ne pas éveiller de pensées impures) et les enfants, victimes consentantes. Le choix de situer l’action du film à la veille de la première guerre mondiale n’est pas un choix étranger mais il serait réducteur de cibler cette « éducation » comme seule responsable du national socialisme qui sévira vingt ans plus tard. Ce sont toutes les civilisations modernes que le cinéaste évoque et qui portent toutes en elles la tentation de faire le mal en étant persuadé de faire le bien.

ruban 2

La mort est l’autre grand sujet qu’ Haneke aborde avec une retenue toute bressonnienne mais néanmoins terrifiante. Les morts qui parsèment le film ont soit le visage caché ou sont soit montrés à distance. Car la grande faucheuse est taboue, et c’est un petit garçon qui nous le rappelle en demandant à sa sœur :  » Tout le monde doit mourir ? »

On croyait Bergman maître dans la cruauté verbale, Haneke lui damne le pion dans une saisissante séquence règlement de compte entre deux amants. La violence des mots entre adultes et celle physique infligée aux enfants sont les rouages d’un engrenage fatal. Une scène  magistrale le montre bien lorsque le petit garçon, n’arrivant pas à trouver le sommeil, cherche sa sœur désespérément et va découvrir l’indicible sans le comprendre.

Tourné dans un noir en blanc somptueux avec des accents quasi fantastiques (les plans de paysages enneigés resteront longtemps en mémoire), Le Ruban Blanc, malgré son évidente austérité, est peut-être le film le plus accessible de son auteur. Sans vedette, mais avec un art du casting remarquable, en particulier chez les enfants (six mois de recherche et sept mille enfants auditionnés), Haneke nous propose une nouvelle étape tout en creusant le même sillon. Il serait regrettable de passer à côté d’autant qu’il s’agit pour une fois d’une Palme d’or méritée !

La mort est l’autre grand sujet qu’ Haneke aborde avec une retenue toute bressonnienne mais néanmoins terrifiante. Les morts qui parsèment le film ont soit le visage caché ou sont soit montrés à distance. Car la grande faucheuse est taboue, et c’est un petit garçon qui nous le rappelle en demandant à sa sœur :  » Tout le monde doit mourir ? »

On croyait Bergman maître dans la cruauté verbale, Haneke lui damne le pion dans une saisissante séquence règlement de compte entre deux amants. La violence des mots entre adultes et celle physique infligée aux enfants sont les rouages d’un engrenage fatal. Une séquence magistrale le montre bien lorsque le petit garçon,

n’arrivant pas à trouver le sommeil, cherche sa sœur désespérément et va découvrir l’indicible sans le comprendre.

Tourné dans un noir en blanc somptueux avec des accents quasi fantastiques (les plans de paysages enneigés resteront longtemps en mémoire), Le Ruban Blanc, malgré son évidente austérité, est peut-être le film le plus accessible de son auteur. Sans vedette, mais avec un art du casting remarquable, en particulier chez les enfants (six mois de recherche et sept mille enfants auditionnés), Haneke nous propose une nouvelle étape tout en creusant le même sillon. Il serait regrettable de passer à côté d’autant qu’il s’agit pour une fois d’une Palme d’or méritée !


[Critique] Micmacs à tire-larigot

29 octobre 2009 par  
Catégorie : Critique

Attention : cet article est écrit par une inconditionnelle de Jean-Pierre Jeunet. Que ceux qui n’apprécient pas la photographie jaunâtre, les scénarios alambiqués, les personnages étranges et l’univers de douce folie du réalisateur me pardonnent, moi oui.

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Quand David tient tête à Goliath

Bazil fut un gamin malchanceux, de perdre son père suite à l’explosion d’une mine. Devenu adulte, il est lui-même condamné à survivre avec une balle dans le crâne. Mais s’il survit, c’est grâce à une bande de joyeux-lurons qui vont tout faire pour l’aider à accomplir son but : faire s’enrayer la machine de guerre de deux fabricants d’armes. Le premier, qui a causé la mort de son père, le second, qui le contraint à un risque de mort subite…

Alors oui, je l’admet, le synopsis n’est pas  d’une originalité sans pareille. Mais la malice des situations compense largement ! Le scénario est intelligent, bien mené, ne s’essouffle jamais et parvient même à nous surprendre. Ceux qui n’ont pas l’habitude pourraient toutefois rester sur le bord de la route par moments, tant le rythme est trépidant. Bien sûr, il y a un happy end, de drôles de gags, et l’humour un peu particulier qui rappelle la Cité des Enfants Perdus ou Delicatessen. Ces derniers films ont d’ailleurs le droit à quelques sympathiques mais très brefs clins d’oeil qui enchanteront les fans. L’univers est toujours le même, un peu sale, un peu sombre, mais plein de joie et de naïveté.

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Bienvenue chez les acolytes à Jeunet

Si c’est poétique, joli et amusant, c’est aussi grâce à un casting particulièrement bien choisi. En plus de ses acteurs fétiches tels que Dominique Pinon, égal à lui-même, ou encore André Dussollier et Yolande Moreau, le réalisateur a accueillit des petits nouveaux. Loin de son rôle de postier dans Bienvenue Chez les Ch’tis, Dany Boon nous mitonne un personnage touchant, toujours juste. Julie Ferrier est plutôt agréable en contorsionniste, et Omar Sy campe un Remington collectionneur d’expressions désuètes aux dialogues savoureux. Même si on peut reprocher à Micmacs des personnages pas forcément très fouillés, on apprécie assez leur côté pittoresque. Jeunet, quoi.

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Au final

N’y allez pas pour voir du Dany Boon, mais pour être séduit par du Jeunet. Paris n’a jamais été aussi étrange que sous cette photographie encore plus dérangeante que d’ordinaire, vue par l’oeil des petits de ce monde. Il y a de l’action, mais pas de mort. De la guerre, mais pas de violence. Le petit monde de Jeunet semble tourner en boucle fermée, autour de son propre onirisme, avec sa morale inébranlable. Comme le rappelle la présence de nombreuses affiches du film à l’intérieur même du film, Micmacs à tire-larigot est un objet cinématographique à part, une expérience réussie parce que jouissive. Une déclaration d’amour au cinéma.

Micmacs n’est pas un film pour enfant, il est là pour faire réfléchir et rêver les adultes. Il est à conseiller à tous ceux qui ont trouvée Amélie niaise, et Delicatessen hilarant. Un cadeau pour les fans, en somme.

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[Concours] Trésor

28 octobre 2009 par  
Catégorie : Concours

A l’occasion de la sortie en salle le 11 novembre prochain de Trésor, Le Blog Ciné s’est associé à Pathé pour vous faire gagner 20 places de cinéma (10 places pour 2 personnes) !!

Pour rappel, voici le synopsis du film :

Jean-Pierre et Nathalie s’aiment depuis cinq ans. Pour fêter cet anniversaire, Jean-Pierre offre à sa compagne un cadeau inattendu, un adorable bulldog anglais de quatre mois. Nathalie est folle de joie. C’est décidé : il s’appellera « Trésor » .
Entre elle et l’animal, la relation devient immédiatement fusionnelle. Trésor fait de la chambre à coucher son territoire et y règne en maître, ronfle, bave, investit le lit. Le couple tangue, chavire, au gré des humeurs de ce monstre autoritaire…

Le concours se déroulera du 28 Octobre au 10 Novembre Minuit. Vous retrouverez de nombreux indices sur Le Blog Ciné.

Le concours aura deux sources de gagnants :
- 5×2 places via le jeu concours
- 5×2 places pour les personnes ayant laissé un commentaire dans l’article

Le tirage au sort pour les messages laissés dans les commentaires sera réalisé via le site random.org

La participation au jeu concours se traduit également par une demande d’inscription à la newsletter du Blog Ciné.

Formulaire bloqué pour le moment.

Conformément à la loi « informatique et libertés »  du 6 janvier 1978 modifiée en 2004, vous bénéficiez d’un droit d’accès et de  rectification aux informations qui vous concernent, que vous pouvez exercer  en vous adressant à contact@pathedistribution.com

Voici les résultats du Concours pour le film Trésors:

concours_tresor


[Concours] Les Herbes Folles

28 octobre 2009 par  
Catégorie : Concours

A l’occasion de la sortie en salle le 4 novembre prochain du film Les Herbes Folles, Le Blog Ciné s’est associé à Studio Canal pour vous faire gagner 20 places de cinéma (10 places pour 2 personnes) !!

Pour rappel, voici le synopsis du film :

Marguerite n’avait pas prévu qu’on lui volerait son sac à la sortie du magasin. Encore moins que le voleur jetterait le contenu dans un parking. Quant à Georges, s’il avait pu se douter, il ne se serait pas baissé pour le ramasser.

Le concours se déroulera du 28 Octobre au 4 Novembre Minuit. Vous retrouverez de nombreux indices sur Le Blog Ciné.
Le concours aura deux sources de gagnants :
- 5×2 places via le jeu concours
- 5×2 places pour les personnes ayant laissé un commentaire dans l’article
Le tirage au sort pour les messages laissés dans les commentaires sera réalisé via le site random.org

La participation au jeu concours se traduit également par une demande d’inscription à la newsletter du Blog Ciné.

Bonne chance à tous !

Formulaire bloqué pour le moment.

[Edit] : Le concours étant terminé, voici les gagnants des commentaires :

gagnant_herbesfolles


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