[Critique] Two Lovers
Décidément il est dit que James Gray ne fera jamais rien comme les autres !
Démarrant son film comme la plus banale des histoires d’amour, l’intrigue se complexifie au fur et à mesure des errances de Leonard, atteint de troubles bipolaires. Dans cette maladie se trouve probablement la raison de l’équilibre fragile et précaire de ses sentiments. Ici tout est sensitif, les émotions sont portées à incandescance, la folie guette, tapie dans chaque recoin de l’idylle amoureuse.
Dans ce dédale fervent, on se cogne à des murs, les sentiments sont masqués, obscurs.
Leonard choisira t’il la voie de la déraison ? Ou se trouvera t’il entraîné malgré lui vers le sensé ?
Vous rêviez d’une fin romantique hollywoodienne où tout finit merveilleusement bien ? Passez votre chemin, ce film n’est pas pour vous !










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James Gray est un As! Pardon…THE As! Il a son monde, son univers, ses musiques et un acteur. Le Vrai Scarface. Le talent concentré d’une génération alias Joaquin Phoenix. Complexe et névrosé, il oubli de jouer et incarne. À la perfection. Il construit, façonne, érige puis devient. Il est ce tout du rien qui font de ses personnages de compositions à ses personnages venus d’ailleurs, des mythes et des exemples.
On ne sait plus qui habille l’autre, James ou Joaquin, une chose est certaine, leur harmonie est impeccable.
La violence physique fait place à une violence psychique qui renoue avec les années fastes « Scorcesiennes » ou la couleur, le son, s’installent en vous et prennent leur temps jusqu’à vous ronger.
Un conte sombre que l’on écoute pourtant, encore et encore, comme une addiction ou un songe.
James Gray, c’est une ambiance, avant tout, une réalisation surtout et une noirceur unique. De sujets banals en fins prévisibles, il a cette capacité de flottement unique, qui retient notre souffle. Des scènes intenses, ou la tragédie guette à la porte, ou la couleur de sa bande est en elle même un édifice.
Two Lovers est le portrait d’une réalité crue et cinglante: celle du coeur et de ses raisons. Elle est la réalité des responsabilités, de la réflexion et du choix qui n’implique ni un bon ni un mauvais mais le meilleur ou un semblable. Une passion et un gouffre palpable, presque douloureux.
Amateurs de comédies à l’eau de rose ou ennemis de Bergman, à éviter!
Tout le monde n’aimera pas, alors faites vous, sous la couette, une rétrospective, dans l’ordre: Little odessa, The Yards, We Own the night, de quoi vous imprégner de ces ambiances uniques qui forment des histoires et son évolution: on sent New York à sa porte. »These little town blues, are melting away » …mais grâce Ã
J and J elles ont peut être une chance de survivre.
A suivre
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